
← Vlan!15 okt · 12 min
[Moment] Dorothée Gilbert : elle n’a jamais douté, même recalée
Dorothée Gilbert est jusque ce soir danseuse étoile de l’Opéra de Paris. Elle a raconté son parcours dans son livre Étoiles et a aussi écrit des livres pour enfants.
Ce soir, Dorothée danse pour la dernière fois sur la scène de l’Opéra de Paris. J’ai voulu lui rendre hommage avec ce moment, extrait de notre conversation, parce qu’on y entend tout ce qui fait d’elle une danseuse à part et une amie que j’admire. Au moment de l’enregistrement, ses adieux étaient encore à un an et demi. Elle n’avait pas de réponse sur l’après, et elle l’assumait avec une franchise rare : « Qui je suis, Dorothée Gilbert à 42 ans, retraitée de l’Opéra ? Je ne sais pas. »
Dans cet épisode, nous parlons de ce que ça fait d’être définie par son métier depuis l’enfance, de cette foi qu’elle n’a jamais perdue malgré les échecs (recalée la première fois à l’école de danse, des promotions ratées, des notes de « vilain petit canard »), et du travail comme seule clé qu’elle ait jamais reconnue. J’ai questionné Dorothée sur ce qu’elle aimerait laisser derrière elle, sur ce qui fait qu’une étoile devient plus connue qu’une autre, sur les clichés à la Black Swan qui l’exaspèrent, et sur la façon dont une jeune femme peut regarder Instagram pour apprendre plutôt que pour se comparer. Elle raconte les VHS de danseuses filmées en douce qu’elle disséquait pour essayer, le lendemain, de refaire les mêmes gestes en cours.
Merci Dorothée pour toutes ces émotions. Ce soir, on t’applaudit.
3. Citations marquantes
- « Qui je suis, Dorothée Gilbert à 42 ans, retraitée de l’Opéra ? Je ne sais pas. »- « À aucun moment je n’ai douté que je ne puisse pas devenir danseuse étoile. »- « J’avais l’impression d’avoir trouvé la clé : le travail. Donc je me disais que rien ne pouvait m’arrêter. »- « Il faut savoir s’arrêter au bon moment et ne pas vouloir trop tirer sur la corde. »- « Je voudrais claquer la porte à l’envie farouche de perfection qui nous fait n’être jamais satisfait de ce qu’on fait. »4. Idées centrales discutées (Big Ideas)
Quand le métier devient l’identité (01:36)Dorothée est danseuse depuis ses 8 ans. Son nom, sa personne, tout se confond avec la danse. La retraite n’est pas un changement de poste, c’est une question d’identité.Pourquoi ça compte : on est nombreux à se définir par ce qu’on fait, et à découvrir le vide le jour où ça s’arrête.
La foi sans doute, malgré les échecs (03:41)Recalée à l’école de danse, des grades ratés, des notes médiocres, et pourtant jamais une seconde de